Aménagement et requalification de Pont Ar Laer

Pendant des années, la rue de Pont Ar Laer a incarné les contradictions d’un axe structurant laissé à l’écart des transformations urbaines. Aujourd’hui, la commune engage sa requalification complète : voies douces, espaces verts, accessibilité, sécurité. Un chantier de deux ans pour repenser durablement l’entrée sud du bourg.

Ces dernières décennies, Pont Ar Laer a cumulé les usages sans jamais disposer des aménagements à la hauteur de son rôle. Axe d’entrée sud du bourg, elle concentrait chaque jour piétons sans trottoir continu, cyclistes sans voie dédiée, automobilistes, bus, poids lourds et riverains, le tout sur un même espace étroit, mal hiérarchisé, dégradé. Le diagnostic posé en 2023 dans l’étude Centre Bourg a mis des mots sur ce que les Moëlanais observaient depuis longtemps : cet axe était le maillon faible de la circulation entre le sud du bourg et son cœur vivant.


Une rue à l’origine du projet de ville

Tout commence avec une ambition globale. En 2023, la commune engage une étude approfondie du Centre Bourg, menée conjointement par le bureau d’urbanisme et de concertation COhUe et le cabinet d’architecture TLPA. Le diagnostic est sans appel : si le bourg de Moëlan-sur-Mer dispose de nombreux atouts, son entrée sud souffre d’une absence de cohérence urbaine. La rue de Pont Ar Laer, malgré son rôle stratégique de liaison entre le giratoire du Croaziou et le parking Lindenfels, n’offre ni sécurité aux modes doux, ni qualité d’espace public digne de ce nom.

La conclusion du Plan Guide est claire : cet axe doit être traité en priorité. Il représente à la fois un enjeu de sécurité routière, un enjeu d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, et un enjeu d’identité pour l’image d’une commune qui mise sur son attractivité touristique et résidentielle. Il y a également une dimension intercommunale : la rue constitue un maillon potentiel de la liaison littorale entre Moëlan-sur-Mer et Clohars-Carnoët, via la valorisation des berges du Merrien.

Cet axe doit devenir ce qu’il n’a jamais été : une rue où l’on circule à pied, à vélo, en bus ou en voiture avec la même sérénité, dans un espace vert et apaisé qui marque l’entrée dans le bourg.

Le projet prend un an de retard, en 2024, pour une raison indépendante de sa pertinence : la nécessité de mobiliser les financements de la digue de Brigneau en priorité. Ce délai n’est pas perdu. Les études se poursuivent, les arbres du linéaire sont abattus en décembre 2024 pour préparer le terrain, et la mission de maîtrise d’œuvre est confiée au bureau d’études ARTELIA, spécialiste de la voirie et des réseaux divers. Au fil de l’année 2025, les plans se précisent, un test de sens de circulation est mené du 15 septembre au 17 novembre, et le marché de travaux est publié le 28 novembre 2025. En janvier 2026, les offres sont déposées et analysées. Le 20 mars, la réunion de démarrage de chantier réunit tous les acteurs. Deux semaines plus tard, le 8 avril 2026, les engins entrent dans la rue.


Ce que la rue va devenir

Le projet couvre l’intégralité de la rue de Pont Ar Laer, du giratoire du Croaziou jusqu’au parking Lindenfels à l’exception du tronçon nord déjà réaménagé entre Lindenfels et le giratoire de la rue des Écoles. Sur ce linéaire d’environ 800 mètres, la transformation sera profonde et concerne aussi bien la voirie que l’espace public dans son ensemble.

Le principe directeur de l’aménagement est une séparation claire des usages. Côté Est de la chaussée, une voie verte mixte, réservée aux piétons et aux cyclistes, court sur l’ensemble du tracé. Sa largeur varie entre 2,2 et 3 mètres selon les contraintes du terrain, avec des tronçons atteignant 2,6 à 3 mètres dans les secteurs les plus dégagés. Côté Ouest, un trottoir continu, conforme aux normes d’accessibilité PMR, remplace les cheminements discontinus et dégradés existants. Entre les deux, la chaussée est réorganisée, avec des plateaux surélevés aux intersections clés pour imposer physiquement le ralentissement des véhicules plus efficacement que n’importe quelle signalétique.

La rue accueillera également de nouveaux arrêts de bus sécurisés, des appuis vélos, du mobilier urbain cohérent, ainsi qu’un parvis devant la Maison de Loisirs et de la Culture, pour mettre cet équipement en valeur et le connecter physiquement aux modes doux.

Le verdissement de la rue

L’un des aspects les plus visibles du projet sera le retour des arbres et de la végétation. Les plans de plantation prévoient plusieurs dizaines d’arbres de haute tige Pyrus calleryana, Quercus rubra, Magnolia ‘Wada’s Memory’ plantés en alignement le long de la voie verte, ainsi que des arbustes variés : Cornus kousa, Syringa vulgaris, Arbutus unedo, Cercis canadensis, Sambucus nigra. Des massifs fleuris composés d’espèces vivaces robustes agapanthes, vinca, lavandes, sauges, rudbeckias, compléteront le végétal à hauteur de sol.

Ce verdissement n’est pas qu’esthétique : il contribue à l’îlot de fraîcheur en été, à la gestion des eaux pluviales, et à la qualité du cadre de vie perçue par les riverains comme par les visiteurs qui entrent dans le bourg par cet axe.


Un chantier en cinq secteurs, déployé sur deux ans

Face à l’ampleur du programme, la commune a fait le choix d’un phasage progressif, organisé en cinq secteurs numérotés de 1a à 4, réalisés en tranches successives. Ce découpage tient compte à la fois des contraintes techniques du terrain, des activités économiques riveraines à préserver, et des capacités financières annuelles de la collectivité.

La première phase concentre les travaux sur les secteurs 1a, 1b et 1c, soit le tronçon nord, de la place Lindenfels jusqu’à la rivière de Merrien. C’est le tronçon le plus fréquenté, le plus visible et le plus directement connecté au centre-bourg. Sa transformation marque le signal fort d’un projet qui s’inscrit dans la durée. La fin de cette première phase est prévue pour le 19 juin 2026.

À l’automne 2026, sous réserve de l’affermissement de la tranche conditionnelle, les travaux devraient se poursuivre sur le secteur 2, correspondant à la zone de Kerdoussal et à la rue des Châtaigniers, une section plus dense au cœur d’un tissu résidentiel établi, qui réclamera une organisation du chantier particulièrement attentive aux riverains. Enfin, en 2027, le secteur 3 traitera les abords du giratoire du Croaziou et la continuité cyclable vers Clohars-Carnoët, tandis que le secteur 4 livrera la requalification de la place Bernard Petithomme et du parvis de la MLC.

2023

Étude Centre Bourg et Plan Guide : Identification de Pont Ar Laer comme priorité. Concertations publiques et définition du projet stratégique.

2024

Études et préparation : Report d’un an (financement digue de Brigneau). Abattage des arbres en décembre 2024.

2025

Conception et marché : Mission ARTELIA, test de sens de circulation (sept. → nov.), publication du marché travaux le 28 novembre.

Janvier à mars 2026

Attribution et lancement : CAO (14 jan.), permis d’aménager accordé (3 mars), réunion de démarrage (20 mars).

8 avril → 19 juin 2026

Phase 1 – Secteurs 1a, 1b, 1c : De la place Lindenfels à la rivière de Merrien. Fermeture complète de la voie.

Automne 2026

Phase 2 – Secteur 2 : Zone Kerdoussal. Tranche conditionnelle, sous réserve d’affermissement.

2027

Phases 3 et 4 – Secteurs 3 et 4 : Giratoire du Croaziou, place Bernard Petithomme et parvis de la MLC. Livraison finale.


Les entreprises et les équipes mobilisées

Le projet a été confié à une équipe de maîtrise d’œuvre pluridisciplinaire, réunissant trois structures complémentaires : l’Atelier TLPA, basé à Brest, en charge de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage ; COhUe, également brestois, spécialiste de l’urbanisme concerté et de la participation citoyenne ; et ARTELIA, agence implantée à Ploemeur, en charge des études techniques de voirie, réseaux divers et ouvrages hydrauliques.

Le marché de travaux, divisé en deux lots, a été attribué à deux entreprises sélectionnées à l’issue d’une procédure d’appel d’offres. COLAS prend en charge le lot 1, qui recouvre l’ensemble des travaux de terrassement, de voirie et de gestion des eaux pluviales, pour un montant de marché de 817 976,30 € HT. Atlantic Paysages est titulaire du lot 2, portant sur l’aménagement des espaces verts et la fourniture du mobilier urbain, pour un montant de 169 912,20 € HT.


Un budget de 2,1 millions d’euros

Le coût prévisionnel total de l’opération, toutes tranches confondues, s’élève à 2 127 356,16 € HT, réparti entre les travaux de terrassement, voirie et gestion des eaux pluviales d’un côté (1 181 866,20 € TTC), et les espaces verts et mobiliers de l’autre (945 492,96 € HT).

Pour financer ce projet, la commune a sollicité plusieurs partenaires institutionnels. Le Conseil Départemental du Finistère participe via le Pacte Finistère 2030 (120 000 €), le fonds de sécurité routière (20 000 €), et une aide spécifique aux enrobés de route départementale encore en cours d’instruction (254 000 € éligibles). L’État contribue à hauteur de 125 000 € via les dotations DSIL et DETR. Quimperlé Communauté apporte également son soutien à hauteur de 31 000 €. Au total, les subventions confirmées représentent 296 000 €, auxquelles s’ajouteront les financements de l’enrobé RD et les participations pour la gestion des gravats contenant des HAP.


Ce que cela change pour les riverains et les usagers

Pendant la durée du chantier, et en particulier lors de la phase 1, la vie du quartier est nécessairement perturbée. La rue de Pont Ar Laer est fermée à la circulation entre la place Lindenfels et la rivière de Merrien du 8 avril au 19 juin 2026, soit dix semaines. Au-delà de ce secteur, l’impact reste limité : la partie basse de la rue, côté MLC et Trivium, est accessible aux riverains et aux services de secours, mais fermée à la circulation générale.

Plan de déviation Phase 1 (8 avril → 19 juin 2026)

L’accès à la place de Lindenfels s’effectue par la rue de Kerdoret. L’accès à l’impasse Kerguevelic et à l’impasse en face du commerce « Les Saveurs du Puits » se fait par la place de Lindenfels. Les commerces situés en haut de la rue de Pont Ar Laer restent accessibles via la place de Lindenfels. Dans la partie basse, la route est barrée sauf pour les riverains et les pompiers à partir du 8 avril.

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