Tribune libre

Dans le souci de garantir la diversité des opinions et de promouvoir la transparence au sein du conseil municipal, un espace dédié est accordé à l’expression des conseillers de l’opposition municipale. Cette initiative vise à offrir aux citoyens un accès privilégié aux différents points de vue des élus sur les affaires communales. Sur cette page, vous trouverez les dernières tribunes d’expression des groupes de l’opposition.

Chaque texte présenté dans ces tribunes est reproduit à la virgule près, assurant ainsi l’intégrité et l’exactitude des propos émis par les conseillers municipaux. Il est important de souligner que chaque intervenant s’exprime sous sa seule responsabilité, offrant ainsi une vision éclairée des débats et des enjeux au sein du conseil municipal.

Phillipe Guyvarc’h, Josée Guigourez, Christophe Rivallain, Patrick Defossez, Brigitte Offret

Quand on ne dépense pas, on ne s’endette pas.
Frilosité, pusillanimité, quand tu nous tiens….

Le débat d’orientations budgétaires 2024 s’est tenu mercredi 21 février dernier.

Le scénario chiffré (28 M€ de dépenses d’investissement sur 7 ans avec approximativement 9 M€ d’emprunt) présenté par la majorité municipale n’appelle pas de commentaire particulier de la part de notre groupe. La situation financière de la commune est très saine, avec une dette par habitant près de 2,5 fois moins importante que la dette moyenne des communes de la même strate. L’application d’un tel scénario dégradera les finances de la commune mais à un niveau acceptable.

L’actuelle bonne santé financière résulte de l’héritage de l’ancienne municipalité et d’un manque d’audace, d’initiative de l’actuelle qui n’a lancé aucun programme majeur depuis le début de sa mandature. Quand on ne dépense pas, on ne s’endette pas.

Nos élus majoritaires n’ont pas l’audace, n’ont plus le goût du risque – alors que ce dernier est consubstantiel à la vie et qu’il n’est aucune liberté sans risque – et sont étouffés par un principe de précaution détourné de sa fonction initiale. Si la prudence demeure une vertu, son excès se fait poison. Cela fait plusieurs mois que nous les encourageons pour qu’ils passent à l’action mais sans succès. Et le programme pluriannuel d’investissement qui nous a été présenté montre qu’aucun projet important – par son ampleur et son coût – ne sera lancé d’ici 2026. Une mandature pour rien ?

Si le scénario chiffré ne nous pose pas de problème, nous ne validons en revanche pas son contenu et en particulier l’achat et la rénovation du presbytère pour un montant cumulé important de 3,5 M€ afin d’en faire une maison des associations, et en même temps détruire l’actuelle MLC, maison ancrée dans la mémoire des moëlanaises et moëlanais, qui selon madame la maire n’est plus d’actualité. Le presbytère en plein centre bourg est stratégique et à fort potentiel, la municipalité doit l’acheter mais pour en faire autre chose qu’une maison des associations. Ce serait d’ailleurs l’occasion de lancer une réflexion collective et participative, principe cher à la majorité. Mais cette fois, elle n’a pas souhaité l’activer.

Autre remarque, l’équipe en place est incapable d’avoir une vision à moyen long terme et traite les dossiers au coup par coup. Celui du presbytère en est un exemple, alors que cet espace du bourg mériterait de traiter ensemble le presbytère, l’ancienne bibliothèque et la vétusté de l’école publique ainsi que les espaces attenants.

Cette gestion au coup par coup et cette incapacité ou non-volonté à présenter un plan pluriannuel d’investissement détaillé risquent d’entrainer des incohérences ou mauvaises imbrications de programmes et donc in fine du gaspillage de l’argent public.

Prochaine tribune après le vote du budget initial 2024.

Mise à jour le 04.03.2024.

Quelle gauche ?

Au lieu de s’en prendre aux vrais responsables du déficit budgétaire de l’Etat, le gouvernement préfère s’attaquer aux plus démunis et aux budgets des communes, via les dotations. Déjà ces dernières souffrent des augmentations indues de l’énergie mais en plus elles devront compenser les trous occasionnés par tous ceux qui à coup de subventions, de crédits d’impôts non motivés (CICE), d’exonérations de charges et de cotisations sociales ont préféré l’investissement financier spéculatif de leurs dividendes aux investissements productifs et surtout industriels. Le mécontentement face à ces injustices ne doit pas être seulement capté par l’extrême droite mais aussi par la gauche si toutefois celle-ci ne se contente pas de gérer les pénuries au niveau local. Elle doit être plus combative face au rouleau compresseur de l’ultra libéralisme, sauf à en être complice. Ce n’est pas en entonnant l’hymne libérale européiste que la gauche sera capable de créer un rapport de force suffisant face à la résistible ascension du RN.

Willy TYTECA

Mise à jour le 05/04/2024

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